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«  Je continue de me battre pour que tout soit construit sur place »

Interview du lundi : Pierre Mandier, PDG de Deschamps Père et Fils et nouveau propriétaire d’HD Marine, fait fi de la crise. Malgré un secteur nautique en berne, il mise sur l’embauche.

Installé depuis une vingtaine d’années sur Saint-Raphaël, Pierre Mandier est, à 64 ans, un homme d’affaires heureux.

Car depuis qu’il a racheté la société Deschamps en 2003, spécialisée dans tout ce qui touche aux voies ferrées, ce père de deux enfants ne cesse de miser sur la croissance.

Avec HD Marine située sur le port Santa-Lucia et acquise en décembre dernier, ou encore la filiale Plastiques Industriels de la Loire (PIL) à Saint-Etienne, faite sienne il y a trois ans, il veut continuer sur la même lancée. Les 85 employés que comptent ses trois entités, en cette période de vaches maigres sont plutôt gâtés.

Et ce n’est pas fini….

 

La bonne santé des entreprises est rare. Comment expliquez-vous celle des trois vôtres ?

En fait, tout a commencé avec la reconversion de Deschamps dans les années soixante-dix.

A l’origine, cette dernière était spécialisée dans le nautisme. Les mâts du Ponant, ce bateau souvent collé à l’image de Brigitte Bardot à la grande époque de Saint-Tropez, c’est en partie eux ! Et puis le PDG d’Alstom, ce grand groupe basé en France et maître des trains, métros et tramways, accessoirement passionné de nautisme, a un jour demandé aux Deschamps un mât horizontal blanc et rouge pour ses chemins de fer.

 

On a pourtant tout entendu concernant Deschamps. Il y a eu une période noire, non ?

Pas du tout. Il y a bien un volet Deschamps qui est devenu autonome, a déménagé du boulevard Jean Moulin dans la zone du Cerceron et qui a gardé comme crédo les mâts bateaux, justement, ne connaît pas des jours faciles. Mais Deschamps Père et Fils se porte comme un charme. Pour preuve, nous allons nous agrandir et nous installer du côté du zoo de Fréjus, dans la zone industrielle d’ici le second semestre 2015.

En 2003, notre chiffre d’affaires était de 1,7 M€ pour 18 employés, aujourd’hui il est de 4,5 pour 34.

 

Quel est le secret de votre réussite ?

Quand j’ai racheté HD Marine à la famille Hervo qui l’a fondée, j’ai gardé tout le monde et même recruté trois nouvelles personnes. C’est beaucoup d’efforts, d’argent mais c’est ma vision des choses. Je continue de me battre pour que tout soit construit sur place. Et ce, même si la mode est à la sous-traitance. Qualitativement, rien ne vaut le travail d’un employé payé 50 euros de l’heure ici plutôt que 15 ailleurs. Et surtout, je propose au client un projet clé en main.

 

C’est-à-dire ?

C’est-à-dire que je repense le produit initial fort des nouvelles technologies aujourd’hui mises à notre service. Je n’hésite pas à revoir la globalité du projet, à retravailler l’étude. Je pense que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même en fait.

 

Et cette philosophie est-elle la même pour l’ensemble de vos activités ?

Oui et il est dommage que les entreprises françaises ne s’alignent pas. Dans notre pays, nous avons trop souvent tendance à nous cacher derrière la réglementation. On pense souvent à soi, rarement aux économies que nous pourrions faire.

 

Et HD Marine, qui propose des bateaux à la vente, de l’entretien nautique, ou encore de l’accastillage, quelle va être votre touche ?

Elle est déjà apportée (rires). On a ajouté un atelier dans lequel on travaille l’inox et dans lequel dix personnes oeuvrent.

De la gestion de bateaux comme la location, un service de type conciergerie aussi.

 

Quid des projets ?

Pour commencer, je vais recruter une personne pour la boutique vêtements haut-de-gamme.

Le volet accastillage tend à devenir une vitrine pour les deux autres. Le bateau a beau traverser une mauvaise passe, il constitue tout de même encore 20% de mon activité !

 

 PROPOS RECUEILLIS PAR Katia ENRIOTTI